Le Maroc a réaffirmé, lundi à New York, son attachement aux efforts collectifs de la communauté internationale dans son action de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) et proposé la création, en faveur des pays en voie de développement, d'un Fonds contre ces maladies.
Le Royaume propose d'examiner la possibilité de créer un Fonds durable volontaire de lutte contre les maladies non transmissibles, susceptible de faciliter la mise en oeuvre de la Déclaration politique qui sera adoptée à l'issue de cette réunion, a affirmé la ministre de la Santé, Yasmina Baddou qui intervenait devant la réunion de haut niveau sur les MNT (19-20 septembre), au siège des Nations unies.
S.A.R. la Princesse Lalla Salma préside la délégation marocaine à cette importante réunion dans le cadre de la 66e session de l'Assemblée générale de l'ONU. Dans cette conjoncture mondiale délicate, le Maroc demeure convaincu que «nous devons, aujourd'hui plus que jamais, conjuguer nos efforts et coordonner notre action pour apporter une réponse collective, cohérente et efficiente à la lutte contre les maladies non transmissibles», a souligné la ministre. L'objectif de ce Fonds volontaire est d'aider les pays en voie de développement, où les maladies non transmissibles font rage, à relever «les défis et les engagements que nous avons décidé de prendre pour lutter contre les maladies non transmissibles», a expliqué la ministre qui intervenait à l'occasion de cette réunion sur les MNT. A cet égard, a poursuivi la ministre, le Maroc réitère sa pleine et entière disposition à continuer, à soutenir et accompagner, constamment et efficacement, tous les efforts inlassables de l'ONU, comme il renouvelle son engagement à œuvrer et à collaborer avec tous les partenaires internationaux, de manière volontaire et soutenue à cette dynamique visant à relever le défi de la prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles. Dans son intervention, la ministre est revenue sur l'expérience marocaine dans la lutte contre les MNT qui s'est consolidée, au cours de ces dernières années, par le développement du partenariat et de la mobilisation sociale.
Dans ce sens, a-t-elle ajouté, le ministère de la Santé avec l'appui de l'Association Lalla Salma de Lutte contre le Cancer (ALSC) a mis en place le Plan National de Prévention et de contrôle du cancer 2010-2019. Ce plan d'action, qui s'inscrit dans le cadre de la résolution 5822 adoptée en mai 2005 par l'organisation mondiale de la Santé, définit un programme stratégique pour les 10 ans à venir, et vise une utilisation rationnelle et pertinente des ressources existantes afin de mieux répondre aux besoins des patients, rappelle-t-on. Un plan considéré comme leitmotive pour les stratégies de lutte contre les autres Maladies non Transmissibles a fait observer Mme Baddou qui a également évoqué le plan national de lutte contre le tabac lancé par l'Association Lalla Salma de Lutte contre le Cancer dans les établissements scolaires, les entreprises et les structures hospitalières. D'un autre côté, le Maroc a mis en place des plans nationaux de prévention et de contrôle du diabète, des maladies cardio-vasculaires et des maladies respiratoires, avec pour objectif, selon la ministre, de réduire la morbidité et la mortalité et d'améliorer la qualité de vie des patients et de leur entourage.
Le Maroc, qui demeure engagé dans le partenariat international de lutte contre ces maladies, a fait siennes les orientations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), telles que définies dans son plan d'Action 2008-2013 dans le cadre de la stratégie mondiale de lutte contre les MNT. A cet égard, la ministre s'est félicitée de l'esprit de consensus qui a prévalu lors de la négociation du document final qui sera adopté pour façonner l'action internationale pour les générations futures et contribuer, certainement, à la coordination des efforts de la Communauté internationale pour faire face à cette épidémie. Dans cette optique, a-t-elle dit, le Maroc réitère son engagement à la mise en œuvre des orientations stratégiques de lutte contre les maladies non transmissibles de l'OMS, à travers, la concrétisation du plan national intégré visant à prévenir et lutter contre ces maladies impliquant notamment les autres départements ministériels, les ONG et les collectivités locales.
A ce titre, elle a évoqué l'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) qui pointe la lutte contre les différentes formes de pauvreté (déterminants socioéconomiques de la santé), d'exclusion sociale et d'enclavement, et entend répondre aux premières nécessités des habitants des zones marginalisées.
De même, elle a cité la stratégie Nationale d'alphabétisation, le plan Maroc Vert dont l'un des principaux objectifs assignés est la garantie de la sécurité alimentaire, la Charte Nationale sur l'Environnement et du Développement Durable, la Stratégie « Sport Pour Tous » qui met en exergue le rôle du sport comme un droit essentiel du citoyen, (garçons, filles et personnes handicapées) et la mise en place de l'Office national de sécurité sanitaire des aliments (ONSSA).
Ces plans, a-t-elle expliqué, visent la promotion des modes de vie sains et la lutte contre les facteurs de risque, le renforcement des capacités du système de soins, la disponibilité des médicaments à prix abordables, la couverture médicale de base, la mobilisation de ressources additionnelles telles que la taxation des produits de tabac, et la mise en place d'une surveillance épidémiologique de ces maladies et de leurs facteurs de risque et le développement de la recherche.
Pour la ministre, aujourd'hui, plus que jamais, il est nécessaire de consolider le mécanisme de la coopération internationale, notamment l'assistance destinée aux pays en développement, pour qu'ils puissent développer leurs systèmes de santé, renforcer leurs capacités et bénéficier des expériences réussies en matière de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles.
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